La légende

Nous sommes sur le territoire de Villers devant Orval à deux pas de Margny et de l’abbaye d’Orval, alors pourquoi ne pas commencer par une légende. Elle raconte qu’un jour, le conte de Chiny séduisit la fille du suzerain. Les deux amoureux, fuyant la colère du père de la princesse, se réfugièrent dans un château à peu près invisible dans la profondeur de la forêt ardennaise, tant les arbres et les taillis étaient épais. Malgré les recherches effectuées plusieursMargny_For_t_de_Marlanvaux_JCG années, les deux amants ne furent jamais découverts et ils vécurent heureux dans leur château.

Ils eurent deux enfants. Ils avaient aussi un défaut : une grande passion pour la chasse. Poursuivant un sanglier, ils ne se rendirent pas compte un jour, qu’ils étaient sortis de la forêt leur refuge. Ils furent reconnus par des gens d’armes du suzerain et conduits devant lui. Le suzerain voulut les faires pendre ainsi que leurs enfants. Les supplications de son épouse mère de la fille, finirent par attendrir le cœur de son époux.

« Qu’ils se marient donc », s’écria-t-il. Les deux amants furent mariés et eurent le château et la grande forêt. Ce fut leur dot. Les deux époux eurent encore de nombreux enfants.

Par suite du droit de primogéniture, l’ainé de ces enfants né avant le mariage de ses parents, hérita de cette immense forêt. Ses frères, jaloux s’emparèrent de lui par traitrise et le mutilèrent odieusement pour qu’il ne puisse avoir de postérité, afin d’hériter à sa place. La légende ajoute qu’il déjoua ses frères en partageant ses forêts entre les communes des alentours.

Les dites communes, 12 dans le département de la Meuse, 16 dans les Ardennes et 4 en Belgique ont eu et ont encore pour certaines un droit de propriété sur les deux tiers de la forêt, le troisième tiers ayant été cédé à l’état.